vendredi 2 avril 2010

Manifeste du Droit à être dans la lune

Le Centre Culturel pour l'enfance de Tinqueux fête ses 50 ans cette année.
Pour célébrer l'evènement, 28 artistes, poètes, plasticiens, se sont emparés du Manifeste du "Droit à être dans la lune", écrit par le philosophe Fabrice Bourlez, et l'ont illustrés par des oeuvres réalisées spécialement ou presque pour l'édition de ce manifeste.
L'édition du Manifeste sort le 23 avril 2010. 
Manifeste
du droit à être
dans la Lune
Il est paradoxal de revendiquer un droit à être dans la lune dans une société 
qui a érigé la performance et la productivité en modèle absolu de la réussite. 
Nul éloge de la distraction ou de l’inattention dans nos propos mais plutôt la 
volonté de mettre en exergue ce qu’il y a de plus fécond dans la rêverie. 
C’est de la rêverie à l’écoute de la polyphonie des sens, de la rêverie inspi- 
rante, de l’imagination active que nous voulons écrire un plaidoyer. 
Donc, bien un manifeste pour le droit à être dans la lune… mais les pieds 
sur terre. 
Avec Fabrice Bourlez, Nicolas Boulard, Bernard Bretonnière, Pascal
Commère, Katy Couprie, Paul Cox, Jacques Demarcq, Patrick Dubost,
Julie Faure-Brac, Pierre Filliquet, Jean-Michel Hannecart, Anne
Herbauts, Séverine Hubard, Jacques Jouet, Christian Lapie, Sabine
Macher, François Matton, Fanette Mellier, Céline Minard, Jean Miniac,
Jacques Moulin, Roland Roure, Valérie Rouzeau, Francisco Ruiz de
Infante, James Sacré, Tomaž Šalamun, Fabienne Swiatly, Christiane
Veschambre.
Edité par
centre de créations pour l’enfance, 8 rue Kléber 51430 Tinqueux
tel 0326081326 www.danslalune.org
Parution: 23 avril 2010   prix: 19€   192 pages   format 15x21




La nuit ronde, 2008
sérigraphie, 56 x 76 cm

Julie Faure-Brac aime à se plonger elle-même dans ses dessins, com-
me pour mieux croquer les monstres qui s’y manifestent, de l’inté-
rieur, dans l’obscurité à laquelle le temps l’habitue. Elle y explore
l’absence de civilisation, la sauvagerie, elle y trouve des algues, des
cauchemars, des liquides, des arbres, elle y fait des rêves, elle y ren-
contre les Humanimaux. Elle a réalisé aussi un dessin animé inte-
ractif, où trois personnages de son cru entrent en transe sur l’écran,
lorsque de celui-ci un spectateur s’approche. Pour le Manifeste, elle
a proposé La Nuit ronde, une sérigraphie, « qui nous regarde de son
œil fixe et de sa bouche pleine de monstres. »

mercredi 30 décembre 2009

Transes

En parallèle au projet interactif Incantations, les vidéos de Transes des trois personnages, "le gros", "le rockeur" et "le maigre", peuvent être projetées à taille humaine, de façons indépendantes, toujours en boucle.
Deux de ces vidéos ont été présentées au musée de l'Ardenne de Charleville-Mézières lors de la Nuit Blanche 2009

mercredi 2 décembre 2009

Chasse au cerf

Voici une série en devenir de gravures inspirées d'un tableau de Lucas Cranach l'ancien, Chasse au cerf de l'électeur Johann Friedrich le sage, 1529.


La chasse
2009
eau forte pointe sèche et aquatinte
deux fois 6 x 6 cm

La baignade
2009
eau forte et aquatinte
10 x 12 cm

La traque autour de l'île
2009
eau forte et aquatinte
13 x 32 cm

La traque (projet en cours...)
2010
eaux fortes et aquatintes sur plaques de zinc découpées





mercredi 18 novembre 2009

Exposition "Les porteurs d'esprit"

L'exposition Les porteurs d'esprit,
a eu lieu du 18 novembre 2009 jusqu'au 12 janvier 2010
au Centre de créations pour l'enfance de Tinqueux, dans la Marne.
Etaient exposées de nombreuses pièces inédites ou récentes, en dessins, gravures, et volumes
autour de ces personnages de "porteurs d'esprits".








lundi 16 novembre 2009

Le porteur de l'esprit de la baleine échouée

Voici les photos de ma nouvelle sculpture installation: Le porteur de l'esprit de la baleine échouée, réalisée en plâtre, bois, métal, papier et pierre noire. C'est une pièce fragile. Elle est exposée pour la première fois au Centre de créations pour l'enfance de Tinqueux jusqu'en janvier 2010.








jeudi 5 novembre 2009

Exposition "Monde Poilu"

L'exposition Monde Poilu est visible à l'IUFM de Chaumont (Haute Marne)
du 5 au 25 novembre 2009.
Vernissage le 24 novembre à 18h.



vendredi 30 octobre 2009

Texte de Philippe Agostini

Monde Poilu


    Il s’est trainé dans les hautes herbes qui se confondaient avec sa
   toison. Il a reniflé la terre, remué les feuilles humides, enfouit
   son museau dans l’humus, creusé son trou. Il est là, maintenant à
   quatre pattes la gueule prise dans le reflet de la marre où il vient
   s’abreuver. Elle regarde en silence l’animal au corps blanc siroter
   le jus noir.

   Rien, du regard clair et de la silhouette frêle de Julie Faure-Brac,
   ne laisse soupçonner l’univers graphique à la lisière duquel elle
   évolue. Celui-ci est fantasque, sinon fantastique. C’est un monde
   inquiétant et troublant où rôdent et déambulent des figures sans
   âge, des personnages grotesques, qui errent ou s’affairent dans une
   nature sauvage et intemporelle, un monde surnaturel parfois hostile
   et parfois drôle.

   Êtres Hybrides peuplant des terres dévastées, des forêts profondes,
   des talus herbeux et des ravins désolés, mangeurs de bois, buveurs
   de lait rance coulé des arbres, acrobates de branches, réfugiés des
   terriers, figures mutantes d’un passé prochain, d’un futur
   recomposé, ces figures primitives et nues sont pourtant, par bien
   des aspects, nos semblables. Perdues, menacées, menaçantes, égarées,
   décalées elles chutent, décollent, dansent. Leurs membres sont
   élastiques et réversibles, leurs figures hirsutes.

   Les différents médiums qu’utilise Julie Faure-Brac (photo, dessin,
   sculpture, vidéo), malgré l’hétérogénéité apparente des effets
   plastiques, construisent pourtant un dispositif homogène dont le
   liant est la fiction. Plusieurs éléments et notions s’y font écho
   (matières, personnages, environnements, symboles…) produisant une
   série de réseaux et de territoires où chaque partie vient trouver sa
   place.

   Ses gravures et ses dessins sont de petits et moyens formats tracés
   de lignes fragiles, mais fouillées, qui puisent leur inspiration
   autant du côté de la bande dessinée que dans les sombres eaux-fortes
   de Goya. Le sol ou l’air fourmille de virgules noires régulières qui
   se cristallisent ou s’aimantent pour former paquets, végétation
   sommaire, fourrure et poils. L’imaginaire qu’elle y tisse est
   nourrit aussi bien de souvenirs de contes que des lectures de
   Georges Bataille et bien entendu de Samuel Beckett.

   Peut-on cependant vraiment parler d’une mythologie personnelle en ce
   sens que tout y est, par définition même, hybridation culturelle.
   Entre paradis perdu et paysage désolé d’une après catastrophe, ce
   paysage est un décor minimum, une scène sommaire où se joue
   l’absurde. Les sculptures mi-animales mi-humaines s’inscrivent ainsi
   dans une longue tradition du monstrueux et du merveilleux qui
   peuplent les mythes de tout temps Divinités archaïques de la
   Mésopotamie, des Amériques (du sud au nord) et de l’Afrique, satires
   ou sirènes, gorgones ou centaures, gargouilles et chimères, figures
   des métamorphoses.

   Si ces êtres nous ressemblent parfois, c’est bien davantage par
   leurs comportements que par leur apparence (quoique), ils incarnent
   des archétypes de l’humanité par leur sauvagerie, leur archaïsme,
   leurs rites. Certains vivent seuls terrés dans une motte de poils,
   d’autres s’agitent en bandes ou vivent en colonies sur les flancs
   d’un cratère sans fond. Ils bâtissent d’improbables demeures pour
   pouvoir tourner autour, ou danser aux sommets des terrasses, Ils
   regardent aussi pleuvoir les pierres et parfois tombent comme des
   feuilles. Souvent ils ne font rien.

   Ils nous ressemblent, surtout par l’expression animale de nos désirs
   ou de nos instincts. Équivoques ou ambigus à souhait, ce sont nos
   doubles qui remuent et se déchainent dans ses corps patauds secoués
   sans fin de tremblements.


Philippe Agostini



Texte écrit par Philippe Agostini
pour l’exposition Monde Poilu à l’IUFM de Chaumont
du 5 novembre au 26 novembre 2009